Confrontations
De l'immobilisation au retour
de la mobilité
en
République populaire de Chine



par Eric Florence
Chercheur au Centre d'études chinoises de l'Université de Liège
Chercheur au Centre d'études de l'ethnicité et des migrations

"L'on peut considérer toute forme de servitude comme faisant partie d'un processus qui mobilise et immobilise la force de travail"

R. Skeldon *


S'il est en Chine une institution qui a joué un rôle capital dans la vie des Chinois depuis la seconde moitié des années cinquante, c'est bien le livret de résidence (hukou). Cet instrument, véritable clé de voûte du développement économique planifié de type socialiste, a fait plus que fixer la population sur son lieu de résidence ; il déterminait « tous les événements de la vie des individus (...) Que ce soit la satisfaction des besoins essentiels, le mariage, l'enterrement, le choix ou le changement d'emploi ou encore le statut social, (...) les céréales que l'on mange, le lieu où l'on étudie et l'endroit où l'on travaille... »(1) . Malgré cela et en dépit du fait que la distinction entre ruraux et urbains demeure encore essentielle dans la société chinoise actuelle, le livret de résidence n'en demeure pas moins fort peu connu en Occident et il a fallu attendre le milieu des années 1980 pour que des études sérieuses lui soient consacrées (2). Afin de mieux appréhender la singularité des migrations chinoises contemporaines, il est utile de se pencher brièvement sur le rôle de cette institution au cours de l'ère maoïste.

Le premier plan quinquennal de développement économique adopté en 1953 mettait résolument l'accent sur la croissance de l'industrie lourde. L'essentiel du financement de cette industrialisation devait être assuré grâce au transfert des ressources agricoles rendu possible par des taux d'accumulation très élevés (3). Comme le souligne le sociologue chinois Cheng Tiejun, c'est précisément pendant la période au cours de laquelle ont lieu la nationalisation de l'industrie, du commerce et des services, ainsi que la collectivisation de l'agriculture (1953-1956), que se met progressivement en place un système visant à contrôler la mobilité de la population et à limiter l'accès des ruraux aux villes chinoises (4). Alors que le contrôle administratif et politique de la population urbaine se resserrait entre 1954 et 1956, c'est en 1955 que fut adopté un système d'enregistrement permanent de l'ensemble des foyers chinois. Ce système visait à contrôler rigoureusement les migrations de ruraux vers les villes et soumettait tout déplacement ou changement de résidence à l'octroi de certificats. Petit à petit, des facteurs affectant la mobilité tels que les transports, le recrutement, le logement et la nourriture étaient mis sous contrôle étatique (5). Le livret de résidence, qui divise la population chinoise en « populations agricoles » (nongye renkou) et « populations non agricoles » (fei nongye renkou) en fonction du lieu de résidence (6), se trouvait au centre du fonctionnement d'un dispositif institutionnel qui allait garantir aux seules «populations non agricoles» l'accès à toute une série de biens et de services publics, à savoir : des biens alimentaires subventionnés, un logement à bas prix, un emploi salarié dans une entreprise d'Etat, la sécurité sociale étendue à l'ensemble des membres de la famille, la scolarisation dans une école publique, etc.(7). Revenons un instant sur la distinction entre « populations agricoles » et «non agricoles» que permet le livret de résidence. Les anthropologues Sulamith Heins et Jack M. Potter ont relevé que les paysans qu'ils ont étudiés entre 1979 et 1980 dans la province de Guangdong exprimaient «la distinction entre les paysans et les ouvriers en termes de l'origine du riz d'une personne. Une personne qui mange le riz fourni par l'Etat est, dans ces termes, un ouvrier, alors qu'une personne qui mange le riz produit par le foyer ou l'équipe de production est un paysan."On ne demanderait pas Est-ce qu'un tel est classé population rurale ou urbaine ?", mais bien "Est-ce qu'un tel ou un tel mange le riz de l'Etat?"» (8).

En fait, c'est une véritable hiérarchie de villes de niveaux différents qui a été créée au cours des années cinquante, avec le village au bas de cette pyramide. Plus une ville se situait en haut de la hiérarchie administrative, plus l'accès à cette ville était rendu difficile (9), le livret de résidence empêchant virtuellement toute mobilité ascensionnelle. De même, l'étendue et la qualité des biens et services publics (alimentation, scolarisation, facilités culturelles, etc.) dans chacune de ces villes ont fait l'objet d'une gradation en fonction de la position relative de la ville au sein de la hiérarchie urbaine. Un cadre local de la province du Hebei a résumé la situation de la façon suivante : «Des marchandises de bonne qualité sont comme de la poudre pour le visage ; elles peuvent uniquement être produites pour les joues de l'Etat, c'est-à-dire les grandes villes. Nos petits endroits sont comme des bouches d'égout, il n'est pas nécessaire de s'en occuper» (10). Si, comme nous venons de le voir, toute mobilité spontanée des campagnes vers les villes avait été rendue extrêmement difficile, il nous faut rappeler que la mobilité vers le bas - la perte du statut de «population non agricole» - a été imposée à maintes reprises par le régime maoïste et qu'elle correspondait à une véritable relégation pour les opposants au régime, certains criminels, de même que les quelque vingt millions de «jeunes instruits» qui furent «invités» à gagner les campagnes le retour en ville était rendu virtuellement impossible.

Le système du livret de résidence et les mécanismes de contrôle de la mobilité mis en place au cours des années cinquante ont donc fixé virtuellement les paysans à la glèbe, les confinant ainsi à une isolation sociale et géographique. Cette situation de coupure entre ruraux et citadins a eu notamment pour conséquence d'augmenter considérablement les disparités en termes de niveaux de vie et de revenus entre villes (secteur étatique) et campagnes (secteur collectif) au cours des années 1960 et 1970 (11). Par ailleurs, on peut penser que cette coupure a renforcé certains stéréotypes que les élites urbaines entretiennent à l'égard des paysans, notamment ceux d'une paysannerie urbaine inerte, arriérée et ignorante (12), ceci en dépit de la rhétorique maoïste autour des valeurs paysannes. C'est également au cours des trois premières décennies du pouvoir communiste que s'est imposée une conception des migrations que l'on peut qualifier de bureaucratique. Selon une telle conception, les mouvements spontanés de populations sont perçus comme étant «non organisés» (wu zuzhi), «non planifiés» (wu jihua) et conduisant au désordre (luan). C'est au cours des années 1950 (13), que les termes «quitter aveuglément la campagne» (mangmu waichu), «pénétrer aveuglément les villes» (mangmu liuru) ont donné naissance au terme mangliu pour signifier «migrant aveugle» - homophone inversé de liumang qui signifie "voyou" ou "hooligan". Il est tentant d'avancer l'hypothèse que cette conception soit, à l'époque de la collectivisation, le fruit de la perception antagoniste qu'ont le Parti et les paysans de ce que pouvait représenter l'intérêt du peuple. Ceci est assez bien illustré par cet extrait d'un article du Quotidien du peuple de décembre 1953 qui insistait sur le fait qu'il fallait expliquer aux paysans que l'industrialisation du pays représente l'intérêt supérieur du peuple tout entier et qu'elle est tout à fait bénéfique pour les paysans (...) Dissuader les paysans de pénétrer aveuglément dans les villes est non seulement impératif pour le travail d'édification nationale [la collectivisation qui permet l'approvisionnement des villes et de l'industrie] , cela correspond également aux intérêts des paysans (14).

Lorsque, vers la fin des années 1970, commence la décollectivisation de l'agriculture, les paysans vont rapidement reprendre possession de l'allocation de la main-d'oeuvre au sein du foyer. Il va s'en suivre une importante diversification de la production agricole et un développement spectaculaire des activités non agricoles. Les paysans vont, par leurs initiatives, accélérer et parfois même provoquer un certain nombre de décisions politiques allant dans le sens d'un relâchement des contraintes étatiques sur l'économie. Ils vont profiter des nombreux vides fonctionnels dans les villes, en matière de services notamment ; ces derniers ayant été fort peu développés au cours de l'ère maoïste. Les petits marchés vont se multiplier, concurrençant les magasins d'Etat et rendant progressivement le système de rationnement de la nourriture dans les villes inopérant. L'Etat va également assouplir quelque peu les contraintes liées à la mobilité et autoriser les migrants à travailler et s'installer dans les bourgs sous certaines conditions. Par ailleurs, l'essor des zones économiques spéciales va attirer un nombre croissant de migrants au cours des années 1980 et 1990.Tout cela va contribuer à offrir des opportunités à une partie du surplus de main-d'oeuvre rurale (15).

Pourtant, si l'ampleur des migrations internes chinoises impressionne généralement - les estimations varient entre 50 et 80 millions d'individus dont une proportion importante se rend en ville (16)- , les migrants chinois se distinguent des migrants internes des autres régions du monde par leur statut « d'immigrés de l'intérieur » au sein des villes chinoises (17). Nous venons de voir le rôle de barrière à la mobilité qu'a joué le livret de résidence au cours de l'ère maoïste. Dans la Chine des réformes, bien que le livret de résidence ait perdu cette finalité première de fixation des populations rurales à la terre, il n'en continue pas moins à jouer un rôle déterminant dans la vie des migrants d'origine rurale une fois ceux-ci en milieu urbain. En effet, le livret constitue, depuis le retour de la mobilité spontanée en Chine, un instrument de discrimination institutionnelle et frappe le statut du migrant du sceau de la précarité. Même lorsqu'il réside dans les grandes villes chinoises depuis longtemps, le migrant n'aura pas la possibilité de transformer son « livret agricole » en «livret non agricole»(18) et pourra être expulsé en fonction de la conjoncture économique ou politique. Il pourra tout au plus obtenir un « livret de résidence non agricole provisoire » qui ne lui conférera qu'un accès extrêmement limité aux divers services et biens publics disponibles aux citadins. Dans un contexte de restructuration des entreprises d'Etat, le livret de résidence permet par exemple aux autorités municipales de pratiquer une segmentation artificielle du marché de l'emploi, les migrants d'origine rurale étant uniquement autorisés à entreprendre des travaux dédaignés par les citadins ; des travaux appartenant à la catégorie zang, ku, lei (travaux sales, pénibles et harassants) (19). Leur situation de « populations de l'extérieur » (wailai renkou) les rend particulièrement vulnérables vis à vis des administrations urbaines qui multiplient taxes et formalités relatives à leur séjour et à leurs activités en ville. Dans l'industrie, les migrants ruraux constituent un sous-prolétariat dont les niveaux de salaires sont tellement bas qu'ils n'apparaissent pas dans les annuaires statistiques (20). A nouveau, c'est le livret de résidence qui rend possible cette « externalisation » de la main-d'oeuvre rurale ; si bien qu'un journaliste chinois se posait la question de savoir si « les migrants sont une serviette que l'on utilise une seule fois, ou une boîte de nourriture rapide que l'on jette après utilisation» (21). Lorsqu'ils résident en ville accompagnés de leurs enfants, ceux-ci n'ont que très difficilement accès aux écoles réservées aux seuls citadins. Les auteurs d'un rapport du ministère chinois de l'Agriculture posaient la question de l'éducation des enfants de migrants en ville dans ces termes : « faut-il ou ne faut-il pas accepter ces enfants ? Ces enfants n'ont-ils pas le droit de vivre aux cotés de leurs parents et de bénéficier du droit à l'éducation ? (...) Les autorités urbaines ne peuvent pas se contenter d'accepter seulement la force de travail de ces "gens de l'extérieur", sans reconnaître une responsabilité à l"égard des familles» (22). La définition que donnait de l'immigré le sociologue Abdelmalek Sayad est somme toute d'une grande pertinence en ce qui concerne le migrant chinois en ville : « Qu'est-ce donc qu'un immigré ? Un immigré, c'est essentiellement une force de travail (...), provisoire, temporaire, en transit. En vertu de ce principe, (...) un travailleur immigré reste toujours un travailleur qu'on définit et qu'on traite comme provisoire, donc révocable à tout moment (...) sa qualité d'homme étant subordonnée à sa condition d'immigré» (23).

L'ensemble des migrants en Chine est donc soumis à cette discrimination institutionnelle engendrée par le livret de résidence. Pourtant, une fois en ville, les migrants suivent des trajectoires fort variées. En effet, en dépit des représentations souvent homogénéisantes des migrants, ceux-ci disposent de ressources qu'ils peuvent utiliser en ville. Leurs modes d'implantation, leurs activités, la nature de leurs relations avec les différents niveaux d'administration, etc. sont d'une grande diversité. Si, comme nous venons de l'évoquer, leur statut de ruraux est source de précarité et de marginalité, les migrants ont développé toute une série de tactiques afin de résister aux tentatives de domination dont ils sont l'objet. Le cas des communautés de villageois qui ont vu le jour au cours des deux dernières décennies dans les grandes villes chinoises en offre une bonne illustration. A Pékin, le « Village du Zhejiang » s'est constitué à partir de quelques familles originaires de la province du Zhejiang (préfecture de Wenzhou) qui avaient rallié la capitale chinoise au début des années 1980 (24). En 1995, la communauté comptait plus de 100.000 personnes dont une majorité provenait de la province du Zhejiang. Ce «village», en dépit de plusieurs campagnes de «nettoyage» orchestrées par la municipalité de Pékin (25), est devenu un centre de production et de distribution de vêtements dont les réseaux s'étendent dans tout le pays. Etant donné que l'administration de la ville ne considère pas les habitants du village comme des résidents à part entière, ils ont développé, en toute autonomie, un ensemble de services à la communauté : écoles, crèches, hôpitaux, services de bus entre Pékin et Wenzhou, etc. L'auteur d'une remarquable monographie sur le «Village du Zhejiang» avance que «si l'Etat ignore les communautés de migrants, les membres de cette même communauté n'ont pas besoin de l'Etat pour survivre et peuvent se permettre de l'ignorer, ruser, ou plier les structures de l'Etat» (26). Pour cet auteur, le manque de responsabilité de l'Etat a pour équivalent un déficit de contrôle. Il considère que le «Village du Zhejiang a survécu et s'est développé en empruntant un chemin qui contourne les obstacles. En ne se confrontant pas directement à l'Etat, les villageois ont créé silencieusement un espace à l'extérieur de l'Etat» (27).

Cet article n'a pu faire qu'effleurer quelques unes des multiples facettes d'un phénomène éminemment complexe qui interroge une société chinoise en transition. Un des enjeux majeurs de la question de la mobilité en Chine est celle de la «lutte» autour de la redéfinition de la hiérarchie sociale qui passera notamment par «un réajustement des valeurs sociales et de la distribution des bénéfices dans les zones urbaines», de même que par une redéfinition «des objectifs des structures et politiques gouvernementales» (28).

Eric Florence

* R. Skeldon, Population Mobility in Developing Countries : A Reinterpretation, p. 43

Notes

1. Y. Blayo, Des Politiques Démographiques en Chine, puf Diffusion, Paris 1997, p. 30.
2. La première et unique thèse de doctorat consacrée au livret de résidence est le fruit du travail du sociologue chinois Cheng Tiejun : Dialtectics of Control. The Household Registration (hukou) System in Contemporary China, Ph.D. Disertation, State University of New York at Binghamton, 1991, 440 p. Voir aussi S. H. Potter, « The Position of Peasants in Modern Chinas Social Order », Modern China, Vol. 9, n° 4, October 1983, p. 465-499 ; S. H. & J. M Potter, « A cast-like system of social stratification », China's Peasants. The Anthropology of a Revolution, Cambridge University Press, Cambridge, New York, Port Chester, Melbourne, Sydney, 1990, p. 296-312 ; Guo Shutian & Liu Chunbin, Shiheng de Zhongguo, Hebei Renmin Chubanshe, Tangshan, 1991, 388 p. (surtout le chapitre 3, p. 29-80) ; Cheng Tiejun & M. Selden, « The Origins and Consequences of China's Hukou's System », The China Quarterly , n°139, 1994, p. 644-668.
3. Ceci pouvait, en période de famine, s'avérer lourd de conséquences pour la population rurale dans la mesure où l'Etat ponctionnait systématiquement une proportion considérable des ressources agricoles produites pour assurer ll'approvisionnement des villes. Lors de la terrible famine des « années noires » (1960-1962) consécutive au Grand bond en avant, l'essentiel des 15 à 30 millions de morts résidait à la campagne.
4. Cheng Tiejun, op. cit. , p. 84.
5. Cheng Tiejun & M. Selden, op. cit. , p. 656-657.
6. Ceci signifiait qu'un enfant né à la campagne était automatiquement classé « population agricole » et était contraint de demeurer à la campagne.
7. Guo Shutian & Liu Chunbin, op. cit. , p. 29-75. D. Solinger, Contesting Citizenship in Urban China: Peasant Migrants, the State, and the Logic of the Market, University of California Press, Berkeley and Los Angeles, 1999, pp. 35-36.
8. S. H. Potter & J. M. Potter, op. cit. , p. 298.
9. M. K. Whyte and W. L. Parish, Urban Life in Contemporary China, The University of Chicago Press, Chicago and London, 1984, p. 18.
10. Cheng Tiejun, op. cit. , p. 164-165.
11. L'écart des revenus entre ruraux et urbains aurait été multiplié par trois entre 1960 et la fin des années 1970, voire même par six si l'on prend en compte les divers avantages sociaux dont ont bénéficié les citadins. Voir sur ces questions Guo Shutian & Liu Chunbin, op. cit. , p. 1-25 ; A. G. Walder, « Social Change in Post-Revolution China », in Annual Review of Sociology, 15, 1989, p.405-424 ; M. Selden, The Political Economy of Chinese Socialism, M. E. Sharpe, Inc., New York, 1988, p. 153-180
12. Miao Guangzong, « Mingongchao : fuyin haishi tiaozhan », Shehui, n° 1 (72), 1991, 8-10 ; M. L. Cohen, « Cultural and Political Inventions in Modern China : The Case of the Chinese Peasant », China in Transformation, Harvard University Press, Cambridge, 1994, p. 151-170.
13. Voir Renmin ribao (« Le Quotidien du peuple »), 15/03/54, p. 2 ; 06/05/54, p. 2 ; 13/03/55, p. 6 ; 10/04/55, p. 6 ; 03/09/55, p. 2.
14. Renmin ribao (« Le Quotidien du peuple »), 17/12/53, p. 2.
15. E. Florence, « Les migrations en Chine et leurs implications sur le plan urbain », Hommes et Migrations, n° 1220, Juillet-Aout 1999, p. 73-95.
16. E. Florence, op. cit., p. 73-95.
17. J.-Ph. Béja, 'Les travailleurs itinérants, des immigrés de l'intérieur', Perspectives chinoises, n°21, janvier 1994, p. 32.
18. Dans un certain nombre de petites villes, un commerce particulièrement lucratif de « livrets de résidence non agricoles » s'est développé au cours des années 1990.
19. Guowuyuan fazhan yanjiu zhongxin nongcunbu, Nongmin liudong de jizhi yu zuzhi (yanjiu baogao), s.l., 1996, p. 42.
20. A. Chan (Ed.), « The Conditions of Chinese Workers in East Asian-Funded Entreprises », Chinese Sociology and Anthropology, Vol. 30, N° 4, Summer 1998, p. 4-5.
21. Liang Yibo, « Liuzhu mingtian de huoli », Shehui, décembre 1992, p. 3-6.
22. Guowuyuan fazhan yanjiu zhongxin nongcunbu, op. cit. , p. 87.
23. A. Sayad., L'immigration ou les paradoxes de l'altérité, De Boeck Université, 1991, p. 61-62.
24. Wang Chunguang, Shehui liudong he shehui chonggou. Jingcheng, zhejiangcun yanjiu, Zhejiang Renmin chubanshe, Hangzhou, 1994, 267p. ; Xiang Biao, Kuayue bienjie de shequ. Beijing Zhejiang cun de shenghuoshi, Xin Zhi Sanlian Shudian, Beijing, 2000, p. 91-123.
25. J.-Ph. Béja et M. Bonnin, « La mort du village du Zhejiang », Perspectives chinoises, n°32, décembre 1995, p. 7.
26. Xiang Biao, , « Zhejiang Village in Beijing : Creating a visible non-state space through migration and Marketized traditional networks », in : N. Pieke and H. Mallee (Eds.), Chinese migrants and European Chinese : Perspectives on Internal and International Migration, 1998, p. 244.
27. Ibid.
28. Zhao Shukai, « Criminality and the Policing of Migrant Workers », The China Journal, January 2000, Issue 43, p. 110.


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