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Numéro 28 -Trimestriel
Mars - Avril - Mai 2005
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L'esclavage
n'est pas mort
par Eddy Pennewaert
Le mois de juin est celui de la Conférence internationale du Travail. Chaque année, les Etats membres de l’OIT (Organisation internationale du Travail) se réunissent à Genève, en Suisse, pour faire le point, élaborer et adopter de nouvelles normes internationales du travail, sous forme de conventions et de recommandations, un peu comme le ferait un parlement. Le public, si tant est qu’il soit informé, sous-estime complètement l’importance de ces conférences très discrètes. « Encore une conférence ! », pensera-t-on dans le meilleur des cas. Cependant, au sein de la très pesante et de plus en plus contestée nébuleuse des Nations unies, l'OIT est unique en son genre de par sa structure tripartite: employeurs et travailleurs participent aux travaux sur un pied d'égalité avec les gouvernements. Mais l’OIT, c’est aussi un formidable système d’alerte qui veille, certes dans l’ombre, au respect des normes minimales des conditions de travail, à la liberté syndicale, au droit d’organisation et de négociation, à l’égalité des chances, etc. Loin de pratiquer la langue de bois, trop souvent de mise dans les milieux diplomatiques onusiens, l’organisation, au travers de son secrétariat permanent, le Bureau international du travail (BIT), n’hésite pas à dénoncer l’exploitation humaine contemporaine ou d’autres conséquences de la mondialisation et de l’ultralibéralisme.
Selon un dernier rapport du BIT paru en mai 1, plus de douze millions de personnes sont victimes du travail forcé dans le monde ! La grande majorité d’entre elles, dix millions de personnes selon le rapport, seraient exploitées par un « agent privé », en opposition au travail imposé par un Etat. Et plus de 2,4 millions d’entre elles sont des victimes de la traite des êtres humains… L’esclavage ! Ce rapport présente l’analyse la plus complète jamais entreprise des faits et causes sous-jacentes des formes actuelles du travail forcé. Il montre également que le problème est mondial, qu’il se répartit à part pratiquement égales entre les deux sexes et qu’il concerne tous les types d’économie. Et si l’on ne peut que se féliciter de l’engagement du BIT et du développement d’un renforcement législatif pour lutter contre le travail forcé et l’esclavage, chacun est bien conscient que la cause première en est la pauvreté et son corollaire, le profit, à n’importe quel prix, en l’occurrence humain.
Au fait, 360.000 personnes subissent le travail forcé dans les pays industrialisés (pour 260.000 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord cumulés), et, globalement, ce sont les enfants âgés de moins de 18 ans qui paient le plus lourd tribut …
1 Une alliance mondiale contre le travail forcé. Bureau international du Travail, Genève. 2005. Version intégrale en pdf sur le Web
http://www.ilo.org/public/french/
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