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Numéro 26 -Trimestriel
Septembre - Octobre - Novembre 2004
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Internationaliser l'Amazonie
par Eddy Pennewaert
Une quantité phénoménale d’informations circule quotidiennement sur la toile. Et l’obstrue. Entre les Spam, les pubs, les mailings électroniques, les rapports de nos collègues lobbyistes et les virus, ce magnifique outil de résistance à l’establishment médiatique et à la pensée unique mondialisée révèle toujours de surprenants trésors. Ainsi, ce courrier adressé courant novembre à un peu tout le monde avec prière de faire circuler reprenant un discours d’un ministre brésilien, jusque-là inconnu du monde et des internautes.
Fiction, fable, intox, affabulation ou déconcertante vérité, le discours du ministre vaut son pesant d’octets ! Résumé et morceaux choisis. Durant un débat dans une université américaine, un étudiant interroge le ministre brésilien de l’Education Cristovam Buarque sur l’internationalisation de l’Amazonie en soulignant bien qu’il espère de lui une réponse d’ « humaniste ». Le ministre répond d’abord en bon diplomate qu’en tant que Brésilien, il s’opposera tout simplement à l’internationalisation de l’Amazonie, même s’il convient d’une certaine déficience d’attention pour ce patrimoine de la part de son gouvernement… Mais, en tant qu’ « humaniste », et conscient du risque de dégradation dont souffre l’Amazonie, il peut imaginer son internationalisation, comme celle de tout ce qui a de l’importance pour l’humanité entière, et d’ajouter que si, au nom de l’humanisme, il fallait internationaliser l’Amazonie, il faudrait aussi internationaliser les réserves de pétrole du monde entier !
Non content d’avoir déjà chamboulé l’équilibre planétaire, le ministre aurait proposé ensuite d’internationaliser le capital financier des pays riches, les grands musées du monde, le siège des Nations unies et New York, mais aussi Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, argumentant que chaque ville, avec sa beauté particulière et son histoire, devrait appartenir au monde entier ! Et si les Etats-Unis veulent internationaliser l’Amazonie, et ne pas prendre le risque de la laisser entre les mains des Brésiliens, il faudrait aussi internationaliser tout l’arsenal nucléaire des Etats-Unis, car les Américains sont capables de l’utiliser et de provoquer une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts brésiliennes.
Enfin, à la proposition d’échanger l’internationalisation des réserves forestales du monde contre un effacement de la dette, M. Buarque a plutôt suggéré d’utiliser celle-ci pour s’assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger à leur faim et d’aller à l’école… et, où qu’ils naissent, de les traiter comme un patrimoine qui mérite l’attention du monde entier. Davantage encore que l’Amazonie. Et de conclure qu’en tant qu’ « humaniste », il acceptait de défendre l’idée d’une internationalisation du monde, mais que tant que le monde le traitera comme un Brésilien, il lutterait pour que l’Amazonie reste brésilienne…
Message reçu !
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