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EDITORIAL
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Numéro 20 -Trimestriel
Mars - Avril - Mai 2003 |
Dans notre monde, finalement pas aussi virtuel que d'aucuns le souhaiteraient - ne posons pas aux Irakiens la question de savoir si les bombardements étaient virtuels -, on arriverait presque à nous faire croire qu'un événement n'existe, ou en tout cas ne prend toute son importance, que s'il a été «vu à la télé». Mais, paradoxalement, le fait de passer à la télévision transforme souvent en spectacle-fiction et banalise en quelque sorte automatiquement par la fréquence, l'intensité et la quantité des événements qui s'y bousculent. Le problème n'est pas tant que l'information cède trop facilement devant l'actualité immédiate - et violente - ou que les journalistes improvisent plus qu'ils n'analysent, ou même qu'ils s'autocensurent, mais bien que l'information est aujourd'hui scénarisée et marchandisée par les chaînes et les groupes de presse, comme de vulgaires feuilletons ou reality shows... Et cela, quelle que soit la gravité des faits rapportés ! Ainsi, la cohorte d'experts - la plupart aussi éphémères qu'incongrus - qui se bousculaient sur les plateaux durant cette guerre, a disparu du jour au lendemain quand la guerre était officiellement «terminée»! Fin du feuilleton... Pourtant, de ce côté-ci de l'Atlantique, la presse dans son ensemble, encore traumatisée par le black-out médiatique de la première guerre du Golfe - traitée alors comme un jeu vidéo - et le monopole de CNN, semblait de bonne foi déterminée à éviter les pièges de l'info-spectacle. Exercice difficile, quand dans le sillage des armées et de la vraie guerre se déroule une guerre des images, opposant globalement deux interprétations inconciliables du monde... Si les victimes de cette guerre-là ne sont pas de chair et de sang, elles augurent cependant d'autres vrais champs de batailles, destructeurs et meurtriers. Depuis ce fameux 11 septembre 2001, début de la «guerre mondiale permanente», les opinions publiques de toute la planète semblent être plus attentives au traitement de l'information. Il est vrai que les mensonges et la mauvaise foi criante des politiques anglo-américains, ainsi que le burlesque épisode afghan, les avaient préparées à plus de méfiance... Du coup, cette guerre a fortement indigné et mobilisé les opinions publiques contre les visées hégémonistes et coloniales des Etats-Unis, mais elle comptera probablement aussi plus de victimes «collatérales», frappées la télécommande à la main au fond de leur canapé, qu'on ne pourra jamais l'imaginer. L'asservissement des grands médias à l'idéologie des vainqueurs et leur entreprise de désinformation mondialisée, ne peuvent que provoquer une surenchère de révolte et de colère... en quête d'espaces d'expression. Ce conflit aura néanmoins eu le mérite de démontrer l'importance de l'enjeu médiatique et l'urgente nécessité de développer dans nos démocraties des «contre-médias».
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| Sommaire |
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La politique congolaise de la Belgique (Thème) |
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Sur les traces de Washington (Europe) |
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Crise en Côte d'Ivoire (International) |
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| Energie (Biens publics) |
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Zones franches (Economie) |
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ONG du Sud, ONG du Nord (Opinions) |
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Femmes et microentreprises (Confrontations) |
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Le vieux Pékin menacé (Cultures) |
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