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EDITORIAL
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| Numéro 17 -Trimestriel juin, juillet, août 2002 |
La FAO disqualifiée par le Mondial par Eddy Pennewaert Programmer le deuxième Sommet pour l'alimentation de la FAO durant le Mondial, de surcroît en Italie au moment d'une qualification probable de ce pays en huitièmes de finale... relevait d'une méconnaissance affligeante de la nature humaine ou d'un machiavélisme redoutable ! Les sommets de l'ONU sont des shows bien huilés, au protocole sans surprise, dont le succès est proportionnel à la mobilisation des grands de ce monde et de leur corollaire, les médias. Ce sommet-ci a accouché de son contraire. Parfaitement inutile, il ne pouvait que souligner l'échec d'une décennie de non-politique en matière d'alimentation et rappeler la pléthore de promesses non tenues ainsi que l'indifférence générale! Merci donc au ballon rond d'avoir salutairement détourné les opinions publiques de la terre entière d'un des débats manqués les plus cruciaux pour l'humanité et son avenir et merci aux médias d'avoir fait l'apologie du sport-business, du nationalisme crétin et de la fête au raz du gazon. C'était très bien joué! La FAO se disqualifiant elle-même de tous les écrans du monde, elle pouvait rempiler discrètement et sans contestation, pour dix nouvelles années d'absence. Ce sommet s'annonçait d'ailleurs tellement obsolète que pratiquement aucun chef d'Etat ou de gouvernement des Quinze n'avait jugé utile de faire le déplacement jusqu'à Rome Excepté messieurs Berlusconi (il était sur place) et Aznar (venu en répétition pour Séville), quel chef d'Etat se dérangerait pour entendre ce que le monde entier sait déjà et prendrait le risque, juste pour faire bonne figure, d'avoir à promettre ce que personne ne souhaite accorder ? Le directeur de la FAO, monsieur Diouf, pouvait tranquillement réclamer 24 milliards de dollars supplémentaires par an : il savait qu'il ne les aurait pas ! Et dans dix ans, lui ou son successeur pourra se plaindre de ne pas avoir eu les moyens pour éradiquer la malnutrition... Mais lutter contre la famine ou la malnutrition n'est pas qu'une question d'argent : c'est d'abord une question politique (1). Et ce n'est pas un hasard si, au cours de cette parodie de sommet, les vertus du commerce mondial, du libre-échange et même des OGM ont été réaffirmées maintes fois. Certes, quelques voix ont aussi rappelé qu'il y a toujours deux poids et deux mesures entre le Nord et le Sud, les riches et les pauvres. Ainsi, le FMI contraint les pays pauvres à des « ajustements » et s'oppose aux aides à l'agriculture locale, mais parallèlement, en Occident, les subventions agricoles s'élèvent à plusieurs millions de dollars par jour. Le président G.W. Bush en personne vient d'accorder pour dix ans une aide de plusieurs milliards aux agriculteurs américains! De quoi fausser le marché mondial encore un peu plus, accélérer l'exode rural et rendre caduque toute forme d'aide. Voilà le véritable débat. Ce misérable et indigne sommet - dont la clôture a même été avancée de deux heures afin de permettre à la délégation italienne (et aux autres) d'assister au match Mexique-Italie (!) - laissera un goût amer dans les assiettes vides des 815 millions d'affamés de la planète. (1) Alex de Waal. Famine business. L'entreprise humanitaire en Afrique. Colophon Editions. 1999 (12 euros, disponible à la Rédaction ou en librairie). |
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Sommaire |
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| Les biens publics à l'échelle mondiale (Thème) |
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| La compétence universelle (International) |
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| Une certaine responsabilité sociale (Opinions) |
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| La politique de coopération de l'Union européenne (Confrontations) |
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| Quand politique rime avec culture (Cultures) |
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